République Française
Ministère de l'Emploi et de la Solidarité
Le Ministre Délégué à la Ville
CIRCULAIRE DU MINISTRE DELEGUE A LA VILLE DU 14-10-99 RELATIVE
A LA NEGOCIATION DES CONTRATS DE VILLE 2000-2006
14.10.99
SCOP.D. N° 99015859
Paris, le 14 octobre 1999
Le ministre délégué à la ville
à
Mesdames et messieurs les préfets
Objet : les contrats de ville 2000-2006
Référence : circulaire du Premier ministre
du 31 décembre 1998
Le Premier ministre vous a adressé le 31 décembre
1998 ses instructions pour préparer les contrats de ville
2000-2006.
Au moment où vous êtes engagés dans la négociation
de ces contrats, je souhaite insister auprès de vous
sur huit points essentiels :
1)Une géographie resserrée
J'attire votre attention sur la nécessité de concentrer
les interventions de l'Etat sur une géographie resserrée.
Certes, des villes petites et moyennes connaissent des difficultés.
Elles ne justifient pas pour autant, pour la plupart, la conclusion
d'un contrat de ville. D'autres procédures peuvent être
utilisées, contrats éducatifs locaux, contrats
locaux de sécurité notamment. Ces différentes
conventions peuvent bénéficier de crédits
de la politique de la ville tout comme d'autres actions plus
ponctuelles de soutien aux communes. Sans que ces interventions
conduisent à une trop grande dispersion, vous pourrez
y consacrer une part limitée des crédits déconcentrés.
Par ailleurs, certaines collectivités locales, conseils
régionaux et conseils généraux soutiennent
également ces communes où les difficultés
sont moindres. L'Etat peut mobiliser ses crédits de droit
commun pour contribuer à ces programmes de solidarité
entre collectivités locales.
2) L'intercommunalité
Le contrat de ville intercommunal doit désormais devenir
la règle, le contrat de ville communal l'exception. Cette
exigence doit être beaucoup plus forte que pour la génération
actuelle des contrats de ville, alors même que sont maintenant
entrées en application la loi relative au renforcement
et à la simplification de la coopération intercommunale
et la loi d'orientation pour l'aménagement et le développement
durable du territoire, et que dans les aires urbaines concernées,
le contrat de ville constituera le cœur des futurs contrats
d'agglomération. Vous veillerez également à
concentrer les interventions de l'Etat, à l'intérieur
même des contrats de ville, sur les territoires prioritaires.
L'intercommunalité du contrat de ville doit signifier
une plus grande solidarité entre communes d'une même
agglomération et non se traduire par un simple partage
des subventions de l'Etat entre toutes les collectivités.
3)L'implication des départements
Beaucoup de conseils généraux sont aujourd'hui
prêts à s'engager dans la politique de la ville.
Les relations étroites de travail que j'ai développées
au niveau national avec l'association des départements
de France, les conventions conclues avec certains départements
illustrent déjà cette dynamique nouvelle. Je vous
engage vivement à saisir cette occasion et donc à
proposer au conseil général de votre département
de négocier d'ici la fin de l'année une convention
avec l'Etat sur cette politique et à être signataire
des contrats de ville.
4)La mobilisation des crédits de droit commun
La négociation du contrat de ville doit être l'occasion
de mettre en cohérence les différentes procédures
contractuelles. Vous devez en outre veiller à ce que
les sites en contrat de ville bénéficient bien
des crédits de droit commun au moins autant, sinon plus,
que les autres collectivité. Une substitution avec les
crédits spécifiques serait pour le moins regrettable
et transformerait la politique de la ville en une simple politique
sectorielle de plus. Il convient donc de combattre fermement
cette dérive potentielle au moment même où
le budget de la politique de la ville progresse de façon
significative.
5) La modulation des aides de l'Etat
Je souhaite qu'à partir de 2000, vous mettiez en place
une modulation des aides de l'Etat, beaucoup plus forte que
jusqu'à présent, en fonction, d'une part, du degré
de difficultés que rencontrent les villes, et, d'autre
part, du niveau de leurs ressources financières. L'engagement
financier des villes doit être également pris en
compte, notamment au regard du montant des aides financières
perçues au titre de la solidarité entre communes,
en particulier la dotation de solidarité urbaine.
6)Les délégués de l'Etat
Concernant le rôle de l'Etat au niveau local, je crois
indispensable de généraliser la formule des délégués
de l'Etat dans les départements qui comptent de nombreux
quartiers prioritaires. Relais entre les acteurs de terrain
et les services déconcentrés, le délégué
de l'Etat représente un appui précieux pour le
sous-préfet chargé de mission pour la politique
de la ville ou le responsable départemental que vous
avez désigné. Cette modalité de travail
constitue aussi un bon moyen de mobiliser les services déconcentrés.
7)La participation des habitants et le rôle des associations
Je souhaite que les modalités de consultation et d'association
des habitants à l'élaboration, à la mise
en oeuvre et au suivi des programmes d'action des contrats de
ville soient très explicitement définies dans
les contrats de ville. Elles peuvent notamment prendre la forme
d'une charte locale de la participation approuvée par
le conseil municipal, formule qui a été recommandée
par le conseil national des villes. Elles peuvent également
se traduire par la mise en oeuvre des dispositions des articles
L. 2142-1 et suivants et L. 2143-2 du code général
des collectivités territoriales relatives à l'organisation
de consultations directes des habitants et aux comités
consultatifs d'habitants. Par ailleurs, des moyens concrets
doivent être prévus pour rendre effective cette
participation notamment en matière de formation et d'aide
au montage de projets, grâce au développement des
fonds de participation des habitants.
Enfin, je vous ai demandé récemment d'organiser
avant la fin de l'année un dialogue avec les associations
de la politique de la ville. J'attache en effet la plus grande
importance aux nouvelles relations de partenariat, à
la fois confiantes et exigeantes, que l'Etat saura nouer avec
ces acteurs, indispensables de la vie sociale. Ce dialogue renouvelé
doit aller de pair avec votre engagement personnel dans la mise
en oeuvre des mesures de simplification administratives et financières
arrêtées en début d'année.
8)L'évaluation
Les futurs contrats de ville ne doivent pas se résumer
à un catalogue d'intentions pas plus qu'à une
liste d'actions pouvant bénéficier d'aides financières.
Ils doivent comporter des objectifs concrets, précis,
quantifiables, mesurables que se fixent les différents
signataires et partenaires du contrat. Ils doivent définir
les moyens et les engagements pour atteindre ces objectifs.
C'est à ces conditions que l'indispensable évaluation
des contrats de ville pourra être réalisée
et surtout comprise de la population.
Claude BARTOLONE
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