Ministère de l’Emploi et de la Solidarité
Ministère Délégué à la Ville
Ministère de l‘Economie, des Finances et de l’Industrie
Secrétariat d’Etat au Budget



Paris, le 3 AOUT 2000

Le Ministre Délégué à la Ville
La Secrétaire d’Etat au Budget

à

Madame et messieurs les préfets de région
Mesdames et messieurs les préfets de département
Mesdames et messieurs les trésoriers- payeurs généraux



Objet : Règles d'utilisation des crédits concourant à la mise en œuvre de la politique de la ville.

La politique de la ville est une priorité du Gouvernement. La mise en œuvre des contrats de ville sur la période 2000-2006 doit permettre d’en consolider les acquis et de la développer .

Cette politique, fondamentalement interministérielle, associe pour son élaboration et sa mise en œuvre la plupart des départements ministériels et leurs services déconcentrés. Elle est par ailleurs menée dans le cadre d’un partenariat contractuel entre l’Etat et les différentes collectivités territoriales.

Les objectifs de la politique de la ville sont ceux définis par les Comités interministériels des Villes des 30 juin 1998, 2 décembre 1998 et 14 décembre 1999.

L’Etat a décidé d’affecter à cette politique des moyens financiers importants qui prennent la forme d’engagements budgétaires contractualisés et garantis avec les régions dans les contrats de plan Etat-région, d’engagements financiers pluriannuels supplémentaires dans les contrats de ville, d'engagements des différents ministères sur leurs crédits ordinaires, ainsi que des mesures dérogatoires de nature fiscale et sociale. A ces interventions s’ajoutent les programmes de la Caisse des Dépôts et Consignations et la contribution des fonds structurels européens sur une géographie qui leur est spécifique.

La relation partenariale entre l’Etat et les collectivités locales se manifeste par les contrats de plan Etat-région, dotés de 8,25 milliards de francs pour la période 2000-2006 au titre des contrats de ville.

Les crédits déconcentrés de la politique de la ville sont mobilisés sur les territoires des contrats de ville qui pour certains incluent ceux des grands projets de ville. Des crédits peuvent également être mobilisés, à titre exceptionnel, hors des territoires des contrats de ville, conformément aux indications de la circulaire du 14 septembre 1999 du ministre délégué à la ville.

La présente circulaire précise les modalités d'utilisation des crédits spécifiques du ministère de la ville, tout en fixant des orientations pour l'ensemble des crédits qui concourent à la politique de la ville. Elle se substitue à toutes les dispositions figurant dans les précédentes circulaires de gestion des crédits de la politique de la ville, sauf mention explicite du maintien de ces dispositions. Dans le respect des règles présidant à l'utilisation des fonds publics, vous apprécierez de manière souple les conditions d'éligibilité des actions. Cette souplesse doit avoir pour contrepartie un effort particulier d'évaluation des actions, gage de leur efficacité. Enfin, vous devez avoir pour souci constant la simplification des procédures de mise en œuvre des crédits.



Le Ministre Délégué à la Ville

Claude BARTOLONE



La Secrétaire d’Etat au Budget

Florence PARLY




TABLE DES MATIERES

Section 1 : Contractualisation et modulation des participations de l'Etat


Section 2 : Crédits du ministère en charge de la ville

2.1. Crédits de fonctionnement, d'assistance et d'intervention.

2.1.1. Titre III – Chapitre 37-82 : Dépenses déconcentrées de modernisation et d’animation de la politique de la ville

2.1.1.1. Plates-formes de services publics et maisons de services publics

2.1.1.2. Autres actions concernant les services publics

2.1.1.3. Equipes emploi-insertion

2.1.1.4. Délégués de l’Etat.

2.1.2. Titre IV – Chapitre 46-60 : Interventions en faveur de la ville et du développement social urbain.

2.1.2.1. Les bénéficiaires des interventions

2.1.2.2. Les maîtrises d’œuvre urbaines et sociales (MOUS)

2.1.2.3. Les actions thématiques

2.2. Crédits d’investissement

2.2.1. Titre VI – Chapitre 67-10 : Subventions d’investissement en faveur de la politique la ville et du développement social urbain.


Section 3 : Modalités de mobilisation des crédits de droit commun. Dispositif d'observation et d'évaluation.

3.1. La mobilisation des crédits de droit commun

3.2. Dispositif de suivi de l'utilisation des crédits de droit commun.


Section 4 : Structures de mutualisation.

4.1. Le groupement d'intérêt public (GIP)

4.2. Les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale


Section 5 : Programmation des crédits

Fiche technique I : Opérations ville vie vacances ( VVV)

Fiche technique II : Dispositions spécifiques à l'outremer

Fiche technique III : La maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS)

Fiche technique IV : Financement des associations.

Fiche technique V : Fonds de Participation des Habitants (FPH)

Fiche technique VI: Plates-formes de services publics

Fiche technique VII: Prêts projets urbains

Fiche technique VIII : Mutualisation de crédits sur un Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI)

Fiche technique IX: Liste des chapitres et articles budgétaires correspondants aux champs de contractualisation CPER mobilisables pour la politique de la ville.




Section 1 : Contractualisation et modulation des participations de l'Etat


En dehors des crédits destinés au programme VVV (cf. fiche technique I), les crédits de la politique de la ville contractualisés au titre des CPER interviennent essentiellement au bénéfice des communes et de leurs groupements ayant signé un contrat de ville. Sont néanmoins éligibles aux crédits spécifiques du ministère en charge de la ville les actions développées dans le cadre des contrats locaux de sécurité ou des contrats éducatifs locaux dès lors qu’ils sont conclus avec des communes urbaines connaissant des difficultés particulières dans l’intégration à la ville de certains de leurs quartiers. Vous veillerez à ce que ces financements hors des territoires des contrats de ville ne représentent en aucune façon plus de 10% du total des crédits qui vous sont délégués. Des dispositions spécifiques aux départements et territoires d'outremer sont par ailleurs détaillées ci-dessous (fiche technique II) .

En outre, dans le but de donner aux crédits consacrés à la politique de la ville une efficacité maximale, vous veillerez à développer plus que par le passé un traitement différencié des communes et à concentrer les financements sur les situations les plus difficiles, dont le choix sera guidé par les éléments du diagnostic territorial élaboré lors de la préparation et du suivi du contrat de ville. La répartition des crédits doit également être modulée en fonction de la situation financière des collectivités locales concernées. Vous vous appuierez pour cela sur l’avis des trésoriers-payeurs généraux portant notamment sur les ratios relatifs au calcul du potentiel fiscal et de l’effort fiscal. Le montant de la dotation de solidarité urbaine (DSU) sera bien entendu l’un des critères retenus comme d’ailleurs le niveau de participation de l’Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI).

Section 2 : Crédits du ministère en charge de la ville.


Les crédits sont principalement regroupés au sein du Fonds d'intervention pour la ville, qui est désormais inscrit en loi de finances initiale sur le budget du ministère de la ville pour la quasi-totalité de sa dotation. Les caractéristiques de ce fonds, tant en fonctionnement qu'en investissement, sont sa souplesse d'utilisation et sa fongibilité.

En supplément des crédits contractualisés au titre des CPER, des crédits non contractualisés peuvent être délégués. Ces crédits, dont l’octroi n’est en rien automatique et dont la répartition est décidée pour chaque année budgétaire, sont délégués en fonction de projets précis définis en accord avec le niveau central et correspondant à des priorités particulières de la politique de la ville.

2.1  Crédits de fonctionnement, d'assistance et d'intervention.

2.1.1 Titre III – Chapitre 37-82 : Dépenses déconcentrées de modernisation et d’animation de la politique de la ville

La présence effective des services publics dans les quartiers en difficulté a pour objectif de garantir aux habitants l’accès aux prestations qu’ils délivrent. Leur présence en tant que repère symbolique est aussi un facteur de cohésion sociale et de citoyenneté. Cet objectif doit faire l’objet d’une mobilisation constante de tous les services de l’Etat et à tous les échelons.

Les crédits de ce chapitre doivent donc être utilisés dans le but d’améliorer l’offre de services en la développant et en l’adaptant aux besoins. Vous veillerez à ce que ces crédits permettent un accès effectif des usagers à leurs droits, conformément aux décisions du CIV du 14 décembre 1999.

Les conventions thématiques et territoriales qui permettent la mise en œuvre de cette priorité de la politique de la ville devront s’appuyer sur des diagnostics précis mettant en évidence les actions qu’il convient de conduire.

Ces actions feront l’objet de la formulation ou de l'actualisation d'un projet de service public de quartier associant les services de l'Etat, les établissements publics, les collectivités locales, les organismes parapublics et les personnes de droit privé concernées. Le projet de service mettra en évidence l’articulation des services entre eux et entre les diverses échelles territoriales; il précisera les modalités de coopération, les orientations et les moyens à la charge de chaque partenaire en vue d'améliorer les services rendus aux habitants et de les adapter à leurs attentes.

Dans la participation de l'Etat aux GIP dont il est membre, une part sert à assurer le fonctionnement du GIP. Dans la mesure où cette part peut être individualisée dans la comptabilité du GIP, elle sera imputée sur le chapitre 37-82. Les centres de ressources régionaux ou départementaux ayant un statut de GIP et dont l’Etat est membre pourront donc bénéficier de financements imputés sur ce chapitre.

2.1.1.1. Plates-formes de services publics et maisons de services publics

Les projets de services de quartier peuvent notamment prendre la configuration de plates-formes de services publics (fiche technique VI) généralistes ou thématiques, ou la forme de maisons des services publics. Vous veillerez à la cohérence de ces projets avec les schémas départementaux d’organisation des services publics.

La mise en œuvre des projets de service est financée  par les crédits de droit commun dont dispose chaque service de l'Etat pour son propre fonctionnement. Les crédits du fonds pour la réforme de l’Etat (FRE) pourront aussi être mobilisés pour financer les études d’avant projet et les dépenses d’installation.

Pour mener à bien ces actions, vous pouvez imputer sur ce chapitre des conventions de prestation de service avec des personnes morales de droit public ou de droit privé pour des fonctions précises que des agents de l’Etat ou des collectivités territoriales n’ont pas vocation à remplir.

2.1.1.2.Autres actions concernant les services publics

En dehors des actions inscrites dans une plate-forme de service public, peuvent aussi être prises en charge les dépenses pour l'organisation de journées d'information, la réalisation de plaquettes de présentation, la conception ou l'achat de logiciels permettant un traitement commun automatisé des informations et les missions d'assistance technique confiées à des consultants extérieurs. Peuvent également être prises en charge, par exemple, des actions concernant l'accueil, la mise en sécurité, la signalisation, les modifications d'horaires d'ouverture au public, les dépenses d'assurance liées à l’extension de l’accès à certains équipements collectifs, notamment les équipements scolaires et sportifs.

Pourront également être financées sur ce chapitre les dépenses relatives à la mise en œuvre des projets élaborés par les écoles primaires et les établissements publics locaux d’enseignement dans le cadre des zones et réseaux d’éducation prioritaires contribuant aux objectifs de la politique de la ville.

Sera aussi imputée sur ce chapitre sans condition spécifique d’affectation à une plate-forme de service public l’allocation mensuelle prévue pour les appelés du contingent dans le cadre du protocole ville, ainsi que les dépenses liées à l’accueil des personnes souhaitant accomplir un volontariat civil de cohésion sociale et de solidarité dans le cadre fixé par la loi n° 2000-242 du 14 mars 2000. Les textes d’application concernant ce dispositif devraient être publiés dans les mois qui viennent, et les conditions de sa mise en œuvre vous seront précisées par une circulaire spécifique courant 2000.

Les actions locales, régionales ou inter-régionales d’animation et de formation liées à la politique de la ville que vous serez amenés à conduire seront aussi financées sur ce chapitre. Vous accorderez une attention particulière aux actions de formation notamment en direction des équipes opérationnelles. Pour la formation des agents de l’Etat, ce chapitre pourra être mobilisé en complément des crédits prévus pour le financement des opérations interministérielles de formation déconcentrées.

2.1.1.3. Equipes emploi-insertion

Le CIV du 14 décembre 1999 a décidé la création d’équipes emploi-insertion animées par les directeurs des agences locales de l’ANPE (circulaire DIV/DPT-IEDE/2000/213 du 18 avril 2000). Ces équipes bénéficieront de personnel mis à disposition par l’ANPE. Les missions locales, ainsi que les collectivités locales, sont incitées à contribuer à leur constitution. Les crédits de droit commun relevant des politiques de l’emploi et de l’action sociale pourront aussi être mobilisés, les crédits de la politique de la ville, imputés sur le chapitre 37-82, ne devant intervenir qu’en complément.

2.1.1.4. Délégués de l’Etat.

Le CIV du 14 décembre 1999 a prévu la mise en place de délégués de l’Etat, choisis par les préfets parmi les agents de l’administration ou des établissements publics, pour animer la politique de la ville et les réseaux de services publics locaux dans les quartiers prioritaires des contrats de ville. Ces délégués pourront recevoir des indemnités dans les conditions prévues par le décret n° 92-820 du 19 août 1992, qui seront imputées sur le chapitre 37-82.

2.1.2. Titre IV – Chapitre 46-60 : Interventions en faveur de la ville et du développement social urbain.

Sont éligibles au FIV (46-60-10 et 46-60-20, ce dernier étant réservé à l’Ile de France) toutes les interventions liées au financement des projets initiés dans le cadre de la démarche de développement social urbain. Les interventions en Ile de France seront financées par l’article 46-60-20 chaque fois que cela est possible.

2.1.2.1. Les bénéficiaires des interventions.

Les bénéficiaires des interventions sont constitués des collectivités locales sur le territoire desquelles se mettent en œuvre le contrat de ville ainsi que les autres procédures contractuelles mentionnées à la section 1 et des divers opérateurs qui contribuent à la mise en œuvre des opérations constitutives de ce projet. Parmi ces bénéficiaires, il faut souligner :

les collectivités locales : le taux de subvention sera adapté à la gravité des situations locales, au degré de coopération intercommunale et à leurs capacités financières. Ces critères vous conduiront à respecter un taux de subvention ne dépassant pas 80% du budget total de l’action sauf dans les cas particuliers mentionnés ci-après. Dans le cas où le taux de subvention maximum est retenu, vous rechercherez, au cas où vous seriez amené à reconduire ce financement, à le rendre dégressif de façon à assurer la viabilité progressive du projet de façon autonome

les associations : les associations jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de la politique de la ville. Pour leur donner les moyens de leur action sans qu’elles s’épuisent dans des procédures, des règles particulières de gestion et d’instruction des dossiers doivent être appliquées (cf. fiche technique IV).

Les associations sont à la fois partenaires et opérateurs; en amont de la programmation financière, vous vous serez donc assurés, en collaboration avec les autres partenaires, qu’elles ont bien été associées à l’élaboration du projet et que les actions qu’elles développent s’inscrivent dans les objectifs retenus. A cet égard, vous différencierez votre approche suivant le type d’associations ; certaines exerçant de fait une mission de service public, ne seront pas subventionnées pour leurs actions traditionnelles mais sur des projets adaptés ; d’autres animées par les habitants peuvent contribuer à la vie du quartier par des opérations d’ampleur limitée mais significative dans la restauration du lien social et le développement de la citoyenneté.

Dans le cadre de projets concourant à la politique de la ville, vous pourrez prendre en compte lors de l’octroi d’une subvention une proportion de frais de structure exposés par une association dès lors que ces frais sont directement liés à la bonne réalisation du projet. Ces frais de structure ne pourront dépasser 10 % du total de la subvention accordée.

Vous veillerez à ce que le soutien apporté aux associations ne développe pas une logique de guichet, conduisant à des financements systématiques et permanents des mêmes structures. L’attribution des financements doit permettre le développement d’actions nouvelles ainsi que d’associations de quartier récemment constituées.Il est donc à cet égard particulièrement important de permettre aux associations de se concentrer sur les actions elles-mêmes en leur facilitant par les moyens appropriés ( conseil à la gestion, formation, procédures simplifiées ) l'accès aux financements. Vous veillerez également à la mise en place d'outils d'évaluation des actions qui, sans remplacer les procédures de contrôle de l'utilisation des fonds publics, doivent permettre d’optimiser leur emploi. Par ailleurs, il vous appartient de vérifier qu’en aucun cas l’Etat ne se substitue aux organes de décision d’une association ou n’exerce le pouvoir de fait sur celle-ci, de façon à éviter tout risque de gestion de fait. Vous attirerez l’attention de vos partenaires des collectivités locales sur ce risque.

Les prises d’initiatives de groupes d’habitants doivent être favorisées par une aide financière souple et rapide qui pourra concerner aussi bien des actions particulières que du simple fonctionnement . C’est le sens notamment du dispositif FPH (cf. fiche technique V). Cette aide n’est pas nécessairement liée à un cofinancement communal même si celui-ci doit être recherché.

les organismes HLM et autres bailleurs sociaux: étant donnée l’importance du parc social dans les quartiers prioritaires, les organismes HLM jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de la vie quotidienne et l’engagement d’actions structurelles en terme de restructuration urbaine et de logement. Vous soutiendrez les actions engagées par ceux-ci dans le cadre des conventions de gestion urbaine de proximité, en veillant à différencier ce qui relève de l’exercice normal de bonne gestion du patrimoine et ce qui constitue un effort supplémentaire à soutenir. La mobilisation des crédits du chapitre 46-60 portera en priorité sur des actions de fonctionnement accompagnant les actions d’investissement notamment celles prises en charge par les crédits de droit commun du ministère de l’équipement (article 65-48-02 : qualité de service).

D’autres opérateurs, publics ou privés, peuvent contribuer à la mise en œuvre des projets intéressant la politique de la ville. Dans tous les cas vous vous attacherez à expertiser la qualité de leurs propositions et la valeur ajoutée au regard des objectifs du contrat de ville. Une attention particulière sera accordée aux projets mis en œuvre dans le cadre des équipements de proximité, notamment les centres sociaux.

2.1.2.2. Les maîtrises d’œuvre urbaines et sociales (MOUS)

Les maîtrises d’œuvre urbaine et sociale (cf. fiche technique III) peuvent être financées sur l’article 46-60-10 ou 46-60-20, ce dernier étant réservé à l’Ile de France. Comme cela a été indiqué au paragraphe 2.1.1, les MOUS constituées dans le cadre d’un GIP dont l’Etat est membre verront leur fonctionnement financé exclusivement sur le chapitre 37-82.

Le taux plafond de la subvention de l’Etat ne pourra pas être supérieur à 50 % du coût de fonctionnement de la MOUS, dans la limite des dépenses effectivement réalisées par cette structure.

Ce taux plafond est porté à 60 % lorsque la MOUS est constituée dans le cadre d’un GIP.

Le coût de fonctionnement d’une MOUS comprend l’ensemble des coûts de personnel quels que soient leur statut et leur mode de rémunération et des dépenses de fonctionnement courant. Toutefois, les rémunérations des personnels ayant le statut de fonctionnaire ne seront prises en compte dans le coût total de fonctionnement que si la MOUS est constituée en GIP

Par ailleurs, sur les sites en GPU, le soutien de l’Etat aux structures de pilotage est plafonné à 1,5 millions de francs sur la base d’un taux maximum de subvention de 50 %, sauf dérogation accordée formellement par le CIV. Des dispositions particulières vous seront communiquées ultérieurement pour ce qui concerne les sites des GPV.

2.1.2.3. Les actions thématiques

La politique de la ville se construit autour d’un certain nombre d’axes thématiques dont vous trouverez les principaux ci-dessous. Cette liste non-exhaustive a pour but de vous orienter lors du choix des opérations à financer.

A – Revitalisation économique et emploi : La politique de la ville vise à promouvoir le développement économique et l’insertion par l’économique par le biais d’aides aux initiatives de soutien à la création et au développement d’activités marchandes et non marchandes par les habitants ainsi qu’aux activités ayant pour but de satisfaire certains de leurs besoins et l’aide à l’accompagnement vers l’emploi des publics en difficulté.

Dans ce cadre, le CIV du 14 décembre 1999 a décidé la création de fonds destinés à soutenir le tissu économique existant et à favoriser le développement de l’activité. Pour mettre en œuvre cette décision, un fonds de revitalisation économique est créé par la loi dite de solidarité et renouvellement urbain. Ce fonds comporte deux sections, dont l’une financera la prise en compte des charges particulières des activités économiques existantes dans les ZUS, et l’autre fournira une aide aux investissements effectués dans ces zones. Le fonctionnement de ce fonds, qui sera imputé sur le chapitre 46-60 pour la partie fonctionnement et sur le chapitre 67-10 pour la partie investissement sera précisé ultérieurement dans un texte spécifique.

B – Prévention et sécurité : La construction partenariale d’une sécurité publique de qualité et l’exercice concret de la citoyenneté dans les quartiers constitue une priorité de la politique de la ville, qui doit se traduire par le soutien aux actions de prévention de la délinquance, notamment celles définies dans la circulaire interministérielle du 7 juin 1999 relative aux contrats locaux de sécurité dans les contrats de ville.

Dans ce domaine, les contrats locaux de sécurité créés par la circulaire interministérielle du 28 octobre 1997 constituent l’outil principal d’une politique de sécurité privilégiant l’éducation, la citoyenneté et la dimension de proximité. Ces contrats locaux de sécurité, qui ont vocation à constituer le volet prévention et sécurité des contrats de ville, s’articuleront naturellement avec l’activité des conseils communaux de prévention de la délinquance et s’appliqueront en priorité aux quartiers sensibles.

Les crédits de fonctionnement de la politique de la ville concernent essentiellement les interventions en direction des publics les plus exposés aux risques de délinquance et de marginalisation.

C – Education : L’éducation est un puissant outil d’intégration et à ce titre contribue aux objectifs de la politique de la ville. Les CEL, les projets éducatifs, les actions scolaires de formation initiale ou d’insertion, quel qu’en soit l’opérateur, doivent faire l’objet d’une attention particulière.

D - Qualité des espaces publics : Un effort particulier doit être apporté au soutien des projets garantissant l’entretien des espaces publics, en particulier dans le cadre des conventions de gestion de proximité, au travers de l’amélioration de la qualité de l’environnement et l’animation d’espaces commerciaux.Dans une perspective de renouvellement urbain, pourront en particulier être financées les études concernant la clarification de la propriété des espaces extérieurs, comportant le cas échéant un diagnostic de leur état, pour améliorer leur gestion et l’accès aux réseaux.

E – Lutte contre les discriminations et insertion sociale : plus généralement, toutes les actions d’intégration des personnes habitant les quartiers prioritaires de la politique de la ville dans leur agglomération sont éligibles au FIV notamment celles qui sont menées en direction des familles avec une attention particulière pour les familles monoparentales. Sur décision du comité inter-services départemental après instruction par la DDASS, les actions en faveur des femmes et des familles, de l’enfance, des jeunes et des personnes âgées pourront bénéficier à titre exceptionnel d’un taux de subvention de 100%.

Le redéploiement de la vie culturelle sur l’ensemble de l’espace urbain, le développement de l’éducation et l’apprentissage artistique et culturel, la prise en compte des réalités socio-linguistiques des territoires et le soutien et la valorisation des pratiques artistiques contribuent à la cohésion sociale des villes et à l’intégration des populations d’origine étrangère. Ces actions, qui font l’objet de la circulaire " culture et politique de la ville " du  19 juin 2000, pourront donc être financées.

F  - Actions relatives au domaine de la santé : Dans ce cadre vous favoriserez le développement des réseaux de santé, la mise en place des ateliers santé-ville (circulaire DIV-DGS du 13 juin 2000) et toutes les actions permettant l’éducation et la prévention dans le domaine sanitaire.

G - Les opérations "ville vie vacances" (VVV, cf. fiche technique I) sont financées avec le concours de plusieurs ministères au niveau national et d’autres partenaires au niveau départemental. La plupart des crédits sont transférés en gestion sur le chapitre 46-60 article 50 du budget du ministère en charge de la ville. Les modalités de ce dispositif sont précisées dans la fiche susvisée. Vous veillerez à ce que la mise en œuvre des financements permettent aux bénéficiaires d'accorder à la phase de préparation en amont des opérations tout le soin nécessaire à leur bon déroulement.

H - Le programme d’adultes-relais, décidé lors du CIV du 14 décembre 1999 sera mis en œuvre dès 2000 pour atteindre son objectif de 10 000 adultes-relais en 2002. Les subventions aux associations et structures employant ces adultes-relais, qui seront accordées et calculées dans les conditions indiquées dans la circulaire DIV/DPT-IEDE/2000/231 du 26 avril 2000, seront imputées sur le chapitre 46-60-80.

2.2. Crédits d’investissement

2.2.1. Titre VI – Chapitre 67-10 : Subventions d’investissement en faveur de la politique la ville et du développement social urbain.

Les subventions d’investissement des articles 67-10-10 et 67-10-50 (ce dernier ne concernant que l’Ile de France) peuvent être consacrées au financement des études préalables à des décisions d’investissement, à des acquisitions immobilières, à des travaux de construction ou d’aménagement, aux grosses réparations ou premiers équipements en matériel. Pourront aussi être financées sur ces articles les études méthodologiques concourant à la mise en place d'observatoires socio-économiques dans les différents domaines qui concernent la politique de la ville.

Je vous rappelle que le décret n° 99-1060 du 16 décembre 1999 relatif aux subventions de l’Etat pour des projets d’investissement a modifié un certain nombre de règles concernant l’attribution et l’utilisation des subventions d’investissement. J’attire votre attention sur les délais d’instruction des dossiers imposés par ce décret, ainsi que sur la possibilité pour le demandeur de commencer l’exécution du projet dès lors que le dossier de demande de subvention déposé est considéré comme complet sans attendre la décision attributive, sans que ce commencement constitue un obstacle au versement de la subvention octroyée postérieurement. Les conditions d’application de ce décret seront précisés par une circulaire spécifique.

Le décret du 16 décembre 1999 interdit d’accorder des subventions qui auraient pour effet de porter le total des aides publiques directes à un projet donné à plus de 80% de la dépense. Des décrets dérogatoires, en cours de préparation pour chaque ministère, fixeront les cas où ce plafond pourra être dépassé.

Afin de privilégier les opérations de traitement des espaces publics visant à améliorer leur utilisation par les habitants vous pourrez par ailleurs imputer sur l’article 67-10-10 et 67-10-30 (et 67-10-50 pour ce qui concerne l’Ile de France) les dépenses d’aménagement, de voirie et réseaux divers dont la prise en compte est nécessaire à l’économie générale du projet à condition que les responsabilités en matière de maintenance et entretien aient été clairement établies.

Conformément aux décisions du CIV du 14 décembre 1999, des crédits pris sur ce chapitre pourront financer les études préalables des grands projets de ville et des opérations de renouvellement urbain, et cela dès 2000.

Le dispositif concernant la réhabilitation d’écoles maternelles et primaires arrêté lors du CIV du 30 juin 1998 est poursuivi dans le cadre des contrats de ville. Vous réserverez donc des autorisations de programme d’un montant significatif pour financer ces opérations. Vous apprécierez les difficultés financières des communes au regard notamment d’une analyse combinée de leur potentiel fiscal et du montant de dotation de solidarité urbaine dont elles bénéficient. Les opérations financées devront porter sur un projet cohérent dans lequel la réhabilitation, réaménagement, restructuration ou extension de l’établissement doit s’accompagner d’une logique de meilleure insertion dans le quartier où il est situé et de recherche ou de préservation de la mixité sociale.

Pour ce qui concerne les opérations d’investissement des anciens GPU imputées sur les articles 67-10-10, 67-10-30 et 67-10-50 (ce dernier étant réservé à l’Ile de France), ne seront programmées en 2000 que les opérations prêtes à démarrer physiquement courant 2000. Les arrêtés de subvention ne seront pris que pour des opérations dont la préparation a dépassé le lancement de la consultation des entreprises.

En 2000, les délégations nouvelles de crédits sur ces programmes que vous recevrez résulteront d’une part des arbitrages d’affectation des crédits entre GPU en fonction de leur état avancement, et d’autre part des ressources déjà disponibles, soit en autorisations de programme déléguées préalablement et non encore engagées, soit en autorisations de programme désaffectées sur des opérations transformées ou annulées. Des dispositions particulières vous seront communiquées pour ce qui concerne les sites des GPV.



Section 3.  Modalités de mobilisation des crédits de droit commun. Dispositif d'observation et d'évaluation.

La politique de la ville, comme cela a été rappelé à plusieurs reprises, notamment dans les relevés de décisions des CIV de 1998 et 1999, n'est pas une politique sectorielle de plus, et n’a pas vocation à se substituer aux politiques sectorielles existantes et notamment à celles visant des publics spécifiques.

La politique de la ville, caractérisée par des interventions centrées sur des territoires et par la nature partenariale de ses outils, a au contraire vocation à mobiliser des crédits provenant de tous les ministères et de leurs établissements publics, les crédits spécifiques de la politique de la ville venant donc en complément.

3.1. La mobilisation des crédits de droit commun

Il est particulièrement important que les crédits mobilisés en faveur de la politique de la ville marquent une intensification de l'action de l'Etat et donc que la complémentarité entre crédits spécifiques et crédits de droit commun permette de traduire quantitativement cette intensification. Dès lors les crédits spécifiques de la politique de la ville ne sauraient être mobilisés en substitution des crédits de droit commun de l'ensemble des ministères, qu’ils soient ou non contractualisés au titre des CPER.

Il convient également que l'effort significatif souhaité par l'Union européenne en faveur de l'urbain, dans le cadre notamment des objectifs 1, 2 et 3, se traduise par une mobilisation des crédits des fonds structurels dans le cadre de la mise en œuvre des DOCUP 2000-2006.

Dans le cadre des réunions inter-services départementales de la politique de la ville, vous veillerez à ce que les crédits des différents ministères, qu’ils soient ou non contractualisés dans les CPER, soient mobilisés chaque fois que cela est possible pour le financement des actions éligibles aux contrats de ville.

A titre indicatif, vous trouverez dans la fiche technique IX la liste des chapitres budgétaires correspondants aux champs de la contractualisation tels qu’ils apparaissent dans les CPER.

3.2. Dispositif de suivi de l'utilisation des crédits de droit commun.

Vous veillerez à suivre régulièrement dans quelle mesure la combinaison des crédits de droit commun et des crédits spécifiques de la politique de la ville renforce de façon significative l'action de l'Etat sur les territoires prioritaires de la politique de la ville en inscrivant régulièrement cette question à l’ordre du jour des réunions du collège des chefs des services déconcentrés. Un tel suivi doit être intégré dans l'évaluation générale des contrats de ville, évaluation qui constitue une priorité de leur mise en œuvre pour la période 2000-2006, et qui conditionnera d'éventuelles inflexions financières lors du bilan à mi-parcours prévu fin 2003.

Pour cela, vous devrez notamment, à l'aide d'indicateurs simples, pouvoir faire état d'une répartition des crédits de droit commun en rapport avec la répartition de la population dans l'ensemble des territoires communaux, territoires prioritaires et non prioritaires de la politique de la ville. Ainsi, vous pourrez mesurer de façon précise l'éventuelle substitution entre crédits spécifiques et crédits de droit commun, et en corriger les effets.

Les services de la délégation interministérielle à la ville restent à votre disposition pour vous apporter une assistance technique éventuelle dans l'élaboration de ces indicateurs. Vous ferez notamment part à la DIV de toutes difficultés que vous pourriez rencontrer dans l'utilisation des crédits de droit commun, et particulièrement des crédits mobilisables dans le cadre des enveloppes CPER dont la répartition par ministère vous a été communiquée en annexe de la circulaire transitoire de gestion du 31 janvier 2000.

Section 4 : Structures de mutualisation.

Politique partenariale, la politique de la ville mobilise des crédits d'origine et de nature différente. Cette diversité contribue parfois à ralentir la mobilisation des crédits pour leurs bénéficiaires, et à accroître ainsi l'image d'une complexité de gestion rédhibitoire à la rapidité nécessaire des interventions .

C'est pourquoi vous devez promouvoir dans toute la mesure du possible la mise en œuvre de mécanismes de mutualisation des crédits. Cette mutualisation est possible autant pour les crédits d’investissement que pour les crédits de fonctionnement.

La mutualisation des crédits est avant tout un outil de simplification et d'accélération des procédures.

4.1. Le groupement d'intérêt public (GIP)

Les groupements d'intérêt public (GIP) dédiés à la politique de la ville et au développement social urbain ont été créés par le décret du 27 mars 1993. Le recours à un GIP dédié à la politique de la ville doit être privilégié, cet outil pouvant jouer, outre celui d’organisme de mutualisation des crédits, plusieurs rôles dans le cadre de la mise en œuvre des contrats de ville :

  • instance de pilotage politique.
  • structure de direction technique du projet.
  • financement du contrat de ville et mutualisation des fonds
  • dispositif dédié à la gestion d'une convention thématique ou territoriale du contrat de ville.

    Les modifications apportées à la convention constitutive qui règle le fonctionnement des GIP (arrêté du 2 décembre 1999), ainsi qu'une présentation complète du dispositif figurent dans le guide édité par la DIV, conformément à la décision du CIV du 2 septembre 1999. Ce guide vous permettra de mettre en œuvre cet outil dans les meilleures conditions.

    4.2. Les collectivités territoriales et les établissements publics de coopération intercommunale

    Lorsque la création d’un GIP n’est pas possible, une mutualisation des crédits peut être réalisée dans un EPCI (cf. fiche technique VIII) ou directement sur le budget d’une commune. En attendant une modification par voie législative du Code Général des Collectivités Territoriales, il n’existe pas de dispositif obligatoire permettant un contrôle approprié de l’utilisation des crédits ainsi mutualisés. Une telle mutualisation doit donc obligatoirement prévoir par voie conventionnelle les règles de programmation des crédits, les actions éligibles au financement par les fonds ainsi mutualisés. Ce dispositif doit être prévu dans le respect du principe de spécialité dans le cas des EPCI et des compétences propres dans le cas d’une collectivité territoriale. Les recettes et les dépenses afférentes à ce dispositif sont enregistrées budgétairement dans les comptes par nature des classes 6 et 7 concernées. L’ordonnateur doit par ailleurs assurer le suivi des sommes reçues et versées par la collectivité ou l’EPCI, afin de pouvoir restituer ces informations.

    Section 5 : Programmation des crédits

    La programmation annuelle des crédits de l’Etat ne doit pas constituer un exercice technique déconnecté du pilotage permanent du contrat de ville. Le comité inter-services et les délégués de l’Etat doivent être réunis régulièrement par vos soins et participer en amont à l’élaboration du programme annuel du contrat de ville. C’est au cours de cette élaboration qu’ils auront le souci, notamment à travers l’analyse des projets, de vérifier la mobilisation préalable des crédits de droit commun des différents services.

    Il appartient parallèlement à ce même comité de faire le point régulièrement sur les actions propres à l’Etat, les difficultés rencontrées, les avancées potentielles. C'est notamment dans ce cadre que doit être analysée et évaluée l'utilisation des crédits de droit commun dans le cadre de la politique de la ville.

    En ce qui concerne le financement des associations, il convient d'y apporter une attention toute particulière. Le financement des associations doit éviter deux écueils essentiels: celui du guichet qui conduit à ne pas sélectionner les projets selon des priorités liées au contrat de ville, mais en fonction de l'ordre d'arrivée des demandes; celui de l'abonnement qui conduit à reconduire des financements sans qu'une évaluation précise des actions soit faite. A cet égard la mise en place progressive de la plate forme de gestion des crédits que pilote la DIV aura comme première priorité l'évaluation des financements des associations. Les orientations générales du financement des associations pour l'année N devront être communiquées à la DIV au 15 novembre de l'année N-1 au plus tard pour que celle-ci puisse orienter la répartition d'une partie des crédits non contractualisés en fonction de ces orientations .


    Fiche technique I :Opérations ville vie vacances ( VVV)

    Les opérations "Ville Vie Vacances" permettent aux jeunes les plus en difficulté et issus en priorité des territoires de mise en oeuvre de la politique de la ville de bénéficier d'un accès aux activités culturelles, sportives et de loisirs et d'une prise en charge éducative durant leur temps de vacances scolaires. VVV est un dispositif intégré de prévention de la délinquance et une composante essentielle de la politique de la ville. Il mobilise tout au long de l'année, de manière complémentaire aux dispositifs de droit commun, l'ensemble des partenaires sur la mise en œuvre de projets et d'activités éducatives. Il contribue également aux politiques d’insertion sociale des jeunes et de prévention des exclusions que conduit le Gouvernement.

    Les contrats de ville élaborés dans le cadre de la circulaire du 31 décembre 1998 peuvent utiliser ce dispositif dans leur volet prévention de la délinquance pour monter des actions en direction des jeunes en partenariat avec les administrations, les collectivités territoriales, les associations et les jeunes eux-mêmes. En dehors des contrats de ville, il conviendra de s’appuyer en priorité sur les municipalités qui possèdent un conseil communal de prévention de la délinquance (CCPD) et/ou qui ont signé un contrat local de sécurité (CLS).

    Il conviendra de veiller à l’articulation des les opérations VVV avec les CEL là où ils existent.

    I.1 Les objectifs et les priorités du programme Ville Vie Vacances

    Le bénéfice de ces opérations est élargi à l’ensemble des départements. Le programme "Ville Vie Vacances" s’étend à l'ensemble des congés scolaires, la préparation et l'organisation d'actions pendant la période estivale constituant néanmoins l'axe central de ce dispositif.

    Les activités doivent correspondre aux intérêts des publics visés. Une attention particulière doit être portée au contenu éducatif des actions proposées : potentialités d'épanouissement personnel, apprentissages sociaux, éducation à la citoyenneté, solidarité locale ou internationale ou encore à la capacité à responsabiliser les jeunes, en fonction de leur âge, en leur confiant des tâches d'organisation et de réalisation, à solliciter et à faire participer les parents et les adultes.

    S’agissant d’un dispositif d’insertion sociale, les chantiers éducatifs et les travaux saisonniers au profit de la collectivité sont un moyen de motiver et de responsabiliser les jeunes.

    I.1.1 Les publics

    Ces opérations s'adressent, en priorité, aux jeunes les plus en difficulté ou qui développent des conduites à risques. Le projet éducatif sera élaboré en tenant compte de leurs difficultés et doit leur permettre d'engager ou de développer une dynamique d'entrée dans la vie sociale et économique.

    Les publics concernés par ce programme sont prioritairement les jeunes âgés de 11 à 18 ans, et la participation des jeunes filles est à rechercher tout particulièrement.

    Dans une perspective de prévention de la récidive, une attention particulière devra être apportée aux jeunes faisant l'objet de mesures de justice.

    I.1.2 La mise en œuvre du dispositif

    La cellule départementale  se réunit régulièrement sous la présidence du préfet. Le Fonds d'Action Sociale doit être systématiquement convié. Ces cellules doivent être une instance active dans la sélection et le suivi des projets. Elles doivent aussi s'appliquer à faire face aux situations et aux contextes particuliers. Les cellules départementales devront travailler en étroite relation avec les conseils départementaux et les conseils communaux de prévention de la délinquance (CCPD) qui doivent être associés aux orientations et au bilan des opérations.

    Les services déconcentrés de l’Etat responsables des programmes de la politique de la ville, des actions en faveur de la jeunesse, des mesures de prévention de la délinquance doivent jouer un rôle important dans les orientations locales de cette cellule, quels que soient la taille du département et le montant de la dotation départementale. Ces services doivent, au regard de leur champ d’intervention, contribuer à l’élaboration d’un programme départemental rigoureux établissant des critères de choix des projets, en fonction d’un diagnostic préalable. C’est ce diagnostic qui doit assurer la pertinence du dispositif. La réussite de cet objectif passe par un rapprochement avec les services en charge de la prévention spécialisée et notamment ceux des conseils généraux.

    Le diagnostic : L’analyse préalable des paramètres locaux (jeunes, territoires, dispositifs existants, intervention des acteurs locaux, mineurs et jeunes majeurs incarcérés, etc.) et des besoins doit être la base du diagnostic et de l’appel à projets lancé par la cellule départementale.

    L’appel à projets : Un appel à projets est effectué par les services déconcentrés de l’Etat en veillant à la coordination avec les actions réalisées localement par les collectivités locales et les différents services de l’Etat dans d’autres programmes ou dispositifs (" école ouverte ", par exemple).

    Le déroulement des actions : Pour toutes les actions, qu’elles se situent dans ou hors du quartier, une vérification des règles de sécurité et des conditions d’encadrement doit être effectuée. Elles ne peuvent être agréées qu’à la condition de s’inscrire réellement dans le cadre du programme en terme de public, de période et de territoire.

    Une vigilance particulière doit être adoptée quant au déroulement des opérations qui impliqueront un séjour à l'extérieur de votre département, en particulier sur les questions d’encadrement et responsabilité. Une bonne préparation des actions étant à cet égard essentielle, elle sera prise en charge financièrement notamment pour permettre aux accompagnateurs de se rendre avant le début de l’action sur le lieu de séjour pour s’assurer que les conditions de sécurité sont bien remplies.

    Les opérateurs de projets doivent faire appel à un encadrement disposant d'une réelle expérience dans le domaine de la prévention – en particulier pour les responsables de projet qui devront avoir un niveau de qualification supérieur à celui du BAFA - d'une connaissance du contexte local et d’une capacité à gérer les situations de groupe.

    Le programme "Ville Vie Vacances", compte tenu de ses objectifs propres et de son financement interministériel, doit avoir une forte capacité de mobilisation des différents partenaires en direction des jeunes les plus en difficulté. Les financements sont regroupés sur une ligne budgétaire unique et leur mise en œuvre, déconcentrée.

    I.2 Instruction des dossiers et financement

    Les "opérations Ville Vie Vacances" sont financées avec le concours de plusieurs ministères au niveau national et d'autres partenaires au niveau départemental. La plupart des crédits ministériels sont regroupés sur le chapitre 46-60 article 50 de la délégation interministérielle à la ville, par transfert en gestion effectué après décision du comité interministériel des villes.

    Au niveau national : La demande de subvention est étudiée par la cellule nationale qui émet un avis. Dans l’hypothèse d’une décision favorable, l’association bénéficiaire de la subvention peut signer une "convention de partenariat " ou recevoir une "arrêté attributif de subvention ". La " convention de partenariat " devient obligatoire lorsque la subvention  est supérieure à 300 000 francs

    Au niveau départemental : Pour faciliter la gestion des actions par les opérateurs, un versement de 75 % de la subvention avant le démarrage de l'action (50 % lorsqu’une convention de partenariat a été signée), incluant la période de préparation, et du solde à la remise des bilans pédagogiques et financiers est vivement recommandé. Même si des accords peuvent être passés avec quelques structures sur un projet annuel, la mise en place des crédits est subordonnée à la présentation du bilan de l'action précédente.

    Les subventions d'un montant inférieur à 20.000 F. peuvent faire l'objet d'un engagement provisionnel ou global et d'une mise en paiement sur la base d'un simple arrêté attributif de subvention.

    Un groupement d'intérêt public des opérations ville vie vacances (GIPOVVV) peut être créé en conformité avec le décret n°93.705 du 27 mars 1993. De même pour faciliter la mise en œuvre de projets portés par plusieurs promoteurs, la création de fonds locaux associatifs peut être autorisée, conformément au décret 97-129 du 12 février 1997.


    Fiche technique II :Dispositions spécifiques à l'outremer

    II.1Rappel

    Dans les départements d'outremer, la durée de mise en œuvre des contrats de ville est identique à celle de la métropole, dans le cadre des CPER 2000-2006. Cette durée est variable dans les territoires d'outre mer et à Mayotte : 5 ans pour Mayotte et la Nouvelle Calédonie, 4 ans pour la Polynésie.

    La nature du développement urbain est souvent très différente outremer : la pression démographique est supérieure à celle de la métropole, les conditions spécifiques du développement font que la ville y est plus souvent à construire, voire à créer, qu'à reconstruire ou à renouveler. Les rapports entre le rural et l'urbain y sont également différents, et structurent très spécifiquement l'approche du péri-urbain comme celle du développement local.

    La politique de la ville doit donc prendre en compte ces éléments. C'est pour cela que des dispositions spécifiques sont prévues.

    II.2 Géographie d'intervention

    La nécessité de préserver les acquis des conventions locales de développement social urbain (CLDSU) ne doit pas pour autant aller à l'encontre des objectifs de concentration de la géographie prioritaire de la politique de la ville, dans le cadre unique des contrats de ville . C'est pourquoi, dans la limite de 15 % des enveloppes annuelles totales de crédits spécifiques déléguées par le ministère de la ville, vous pourrez mettre en œuvre des actions en dehors des territoires des contrats de ville. Ces actions, qui doivent concerner prioritairement les sites ayant bénéficié précédemment de CLDSU, peuvent notamment prendre en compte, outre le financement des équipes de projets sur ces sites, des actions en matière de prévention de la délinquance, de lutte contre la toxicomanie et de développement de l'emploi de proximité.

    II.3 Crédits de fonctionnement, chap. 37-82

    Outre les possibilités ouvertes par le présent règlement pour l'ensemble du territoire national, ces crédits pourront également financer outremer :

  • la prise en charge des dépenses liées à l’accueil des personnes souhaitant accomplir un volontariat civil de cohésion sociale et de solidarité au sein des services de l'Etat ayant en charge la politique de la ville, dans le cadre fixé par la loi n° 2000-242 du 14 mars 2000;
  • la prise en charge des surcoûts de fonctionnement occasionnés pour les services de l'Etat par la mise en œuvre de la politique de la ville (notamment les frais de déplacement des agents des services ville pour des déplacements en métropole ou dans d'autres sites outremer).

    II.4 Renouvellement urbain

    Le soutien renforcé aux projets urbains de Fort de France (Martinique) et de Saint Denis (Réunion) doit être entendu comme ouvrant droit aux dispositifs prévus dans le cadre de la mise en œuvre des Grands projets de ville (GPV) .

    Fiche technique III :La maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS)

    Tout contrat de ville doit être doté d’un dispositif de maîtrise d’œuvre urbaine et sociale. Il est constituée en équipe à caractère technique organisée autour du chef de projet.

    III.1 Mission :

    La MOUS a pour mission de promouvoir et d’animer, par son rôle d’interface entre l’État, les élus, les associations, les habitants, les services et les organismes institutionnels le projet global mis en œuvre dans le cadre du contrat de ville. Elle doit veiller à porter un projet collectif et non celui de l’un ou l’autre des partenaires. La MOUS veille également à favoriser l’engagement des partenaires et des acteurs au service de la stratégie de développement social urbain telle qu’elle est affichée dans la convention cadre et les volets thématiques et territoriaux du contrat de ville.

    Elle favorise l’engagement des partenaires et des acteurs au service du projet global, elle anime le dialogue avec les habitants ; elle veille à la cohérence de la mise en œuvre des procédures ou des actions particulières avec les objectifs généraux poursuivis. En tant que de besoin, elle coordonne les interventions d’autres équipes, plus spécialisées, intervenant sur le quartier ou sur des missions sociales ou urbaines particulières ; elle peut, éventuellement assurer des missions spécialisées à condition de distinguer ce rôle et le cas échéant les agents qui l’assurent de sa mission globale (circulaire N° 3 465/SG du 22 mai 1989 du Premier ministre).

    En aucun cas elle ne se substitue aux services de l’Etat ou des collectivités territoriales.

    La MOUS est l’émanation du comité de pilotage (ou le cas échéant du conseil d’administration du GIP-DSU), devant lequel elle rend compte. Elle propose au comité de pilotage les différents dispositifs et démarches de concertation avec les habitants qu’elle aide à organiser et à conduire.

    III.2 Dispositif fonctionnel et hiérarchique :

    La MOUS est constituée d’une équipe, dans la mesure du possible pluridisciplinaire, placée sous l’autorité d’un chef de projet. Le caractère pluridisciplinaire de l’équipe est le garant du caractère global des actions envisagées. La MOUS n’est pas liée, a priori, à la mise en œuvre d’une procédure spécifique, mais à l’ensemble de celles qui sont conduites dans le cadre des volets territoriaux et thématiques du contrat de ville.

    Le chef de projet est co-mandaté par l’État et les élus locaux au moyen d’une lettre de mission cosignée d’une part par l’Etat, de l’autre par un représentant désigné par les autres membres du comité de pilotage. Le chef de projet a autorité sur les personnels recrutés, détachés ou mis à disposition de l’équipe de MOUS.

    Dans le cas où des équipes de maîtrise d’œuvre urbaine et sociale sont mises en place au niveau communal ou infra-communal, le chef de projet du contrat de ville intercommunal exerce une fonction d’animation, de concertation et de mise en cohérence avec l’ensemble du dispositif général prévu au niveau de l’agglomération.

    III.3 Financement :

    La MOUS est financée à partir du chapitre 46-60 articles 10 et 20 (FIV) des crédits spécifiques du ministère en charge de la politique de la ville. La prise en charge du fonctionnement des MOUS constituées dans le cadre d’un GIP à participation de l’Etat sera imputée sur le chapitre 37-82.

    Les délégations de crédits contractualisés de ce chapitre sont prioritairement affectés au paiement de la MOUS afin de ne pas nuire à l’équilibre et à la continuité des équipes en place.

    On s’attachera à respecter les règles concernant les taux de subvention définis au paragraphe 2.1.2.2 ci-dessus.


    Fiche technique IV :Financement des associations.

    IV.1 Principes de gestion et de versement des subventions.

    Les associations qui travaillent dans le domaine de la politique de la ville n’ont pas toujours les capacités de gestion ou les moyens de trésorerie dont disposent les associations œuvrant dans d’autres domaines ou ayant déjà une longue expérience. Cependant, ces associations jouent un rôle fondamental, dans la mesure où elles travaillent avec les acteurs de terrain et les habitants. Il faut donc leur donner les moyens de leur action sans qu’elles s’épuisent dans les procédures. La contrepartie de ces facilités devra être une vigilance accrue dans le contrôle des financements attribués, mais aussi sur l’évaluation du contenu des actions réalisées.

  • Une subvention de fonctionnement pourra être versée en totalité en année n, si l’action a connu un début significatif d’exécution cette année là et se poursuit en année n+1 ; ce sera notamment le cas pour les subventions destinées à une action couvrant l’année scolaire et non l’année civile ;
  • Le plafond de 20.000F fixé par l’instruction 104-B1 du 5 septembre 1988 en deçà duquel sont seuls nécessaires pour le financement d’un projet, le descriptif du projet et son budget est porté à 50.000 F ;
  • Vous devrez mettre en place un pôle associatif, en organisant les coopérations entre les services déconcentrés qui attribuent ou gèrent des subventions. Ce pôle sera piloté dans les départements concernés par le sous-préfet chargé de mission pour la politique de la ville en étroite coopération avec les délégués départementaux à la vie associative (circulaire du 22 décembre 1999 relative aux relations de l’Etat avec les associations dans les départements, JO du 30 décembre 1999) ;
  • Vous veillerez scrupuleusement à ce qu’en aucun cas l’Etat ne se substitue aux organes réguliers d’une association ou n’exerce le pouvoir de fait sur celle-ci, de façon à éviter tout risque de gestion de fait. Vous attirerez l’attention de vos partenaires des collectivités territoriales sur ce risque.


  • IV.2 Procédures d’instruction des demandes de subvention.

    La procédure d’instruction doit associer un contrôle approprié de la pertinence de l’action avec la plus grande simplicité possible.

    Le dossier unique simplifié, sur le modèle annexé à la présente circulaire, sera généralisé pour toutes les demandes de subvention à l’Etat et au FAS au titre de la politique de la ville ; les dossiers VVV, qui obéissent à des règles particulières de gestion, continueront à être instruits comme par le passé.

    Les statuts de l’association ne seront demandés que lors de la première demande de subvention ; en cas de nouvelle demande, seuls les modifications ou les changements dans les instances constitutives seront demandés.

    Les demandes seront centralisées par les sous-préfets chargés de mission à la politique de la ville ou à défaut par un chef de service déconcentré désigné par le préfet. La centralisation des demandes devrait leur donner une large visibilité sur les actions projetées et les crédits à engager et leur permettre de désigner, en concertation avec le FAS et les différents services déconcentrés, l’interlocuteur unique responsable de l’instruction de chaque dossier. Toute demande de subvention à l’Etat ou au FAS au titre de la politique de la ville donnera lieu à la désignation d’un interlocuteur unique au sein des services de l’Etat ou du FAS, responsable de l’instruction de la demande tant sur la recevabilité que sur le fond.

    L’instruction sur la recevabilité du dossier sera réalisée sous un mois, et un certificat administratif sera alors délivré par le service instructeur.

    Une fois l’instruction sur le fond terminée, la demande est examinée collégialement au cours de la réunion départementale inter-services de programmation. Tout dossier faisant l’objet d’un avis favorable donnera lieu à délivrance d’une information au bénéficiaire comportant la mention " cette information est faite sous réserve de l’intervention des contrôles réglementaires et ne vaut pas promesse de subvention ".

    Les contrôleurs financiers des dépenses déconcentrés pourront autoriser la procédure de l’examen global pour toutes les subventions d’un montant inférieur ou égal 50.000 F.

    Les reconductions de subventions de l’Etat et du FAS seront traitées prioritairement en début d’année selon une procédure simplifiée . Il conviendra, lorsque le montant annuel est supérieur à 100.000 F, d’utiliser au maximum les conventions d’objectifs pluriannuelles pouvant aller jusqu’à trois ans pour faciliter des projets s’inscrivant dans la durée, étant bien entendu que l’Etat ne saurait s’engager financièrement que sur l’année en cours, engagement qui devra être renouvelé par avenant chaque année.

    Par ailleurs, toute procédure de renouvellement doit s’accompagner d’une réflexion sur la dégressivité de la subvention accordée et de la pérennité à terme des structures subventionnées, afin d’éviter la constitution de logiques de rente.



    Fiche technique V :Fonds de Participation des Habitants (FPH)

    La participation des habitants est indissociable de la citoyenneté. Soutenir les actions nées de l’initiative des citoyens nécessite un accompagnement des auteurs de l’initiative qui préserve leur autonomie et le sens de leur projet, ainsi que des modalités de financement souples et rapides.

    Pour tenir compte de ces contraintes le CIV du 30 juin 1998 a décidé la mise en place des FPH. Ces fonds sont destinés à financer des petits projets issus d’un groupe d’habitants ou d’une association de façon à favoriser les prises d’initiatives, promouvoir les capacités individuelles et collectives à s’organiser, monter des projets, renforcer les échanges entre associations et entre habitants. Les opérations financées peuvent être par exemple les fêtes de quartier, les manifestations culturelles ou sportives, les repas de quartier, des forums associatifs, la formation de bénévoles.

    Les fonds seront gérés en priorité par des GIP-DSU, qui veilleront à impliquer les associations de quartier et les institutions concernées. Pour faciliter la gestion des fonds, des régies d’avances et de recettes pourront être créés à l’intérieur du GIP.

    Ces fonds peuvent aussi être gérés par des associations regroupant des représentants des associations de quartier, des groupes d’habitants ou des représentants d’institutions impliquées dans la vie du quartier, comme La Poste. Dans ce cas, l’Etat et les collectivités locales concernées ne seront pas partie prenante de la gestion de ces fonds de participation, afin de préserver l’autonomie des initiatives.

     Le fonds sera alimenté une fois par an par les partenaires de la politique de la ville. Il aura vocation à financer les dépenses relatives à des actions initiées par les associations de quartier et les groupes d’habitants qui en sont membres. Ce financement se fera par la prise en charge partielle des dépenses d’une initiative, et en aucun cas par voie de subvention. Afin de conserver à ces initiatives un caractère véritablement citoyen et d’éviter les dérives, il est souhaitable que la prise en charge soit de l’ordre de 50% du total de la dépense. Il vous appartiendra d’apprécier sur les cas concrets dans quelle mesure une action donnée nécessite une prise en charge plus importante.

    Le fonds aura vocation à prendre en charge des initiatives de faible étendue. Le montant de la prise en charge d’une initiative donnée ne devra pas, sauf circonstance exceptionnelle, dépasser 5000 F.

    Fiche technique VI:Plates-formes de services publics

    Les plates-formes de services publics doivent constituer un élément majeur des schémas départementaux de services publics. Elles se caractérisent par la création dans un quartier inscrit dans un contrat de ville, soit d’un lieu unique regroupant différents services lorsque ceux-ci sont absents du quartier, soit de la mise en réseau de services existants et facilement identifiés par les usagers autour de l’un d’entre eux.

    Les plates-formes devront offrir un minimum de services ouverts à tous publics, pouvant comporter :

  • un service commun d’accueil, d’information et d’orientation ;
  • des prestations de base rendues par chaque partenaire ou service ;
  • des prestations spécifiques au quartier (interprétariat, écriture publique, etc.) ;
  • des prestations intégrées confiées à un opérateur unique.

    Les plates-formes pourront couvrir des domaines variés, soit avec une dominante thématique (plate-forme pour l’insertion sociale et professionnelle, services administratifs et fiscaux, médiation et justice, etc.), soit avoir une vocation généraliste.

    La mise en œuvre des plates-formes suivra une démarche de projet, à la fois projet de quartier (adéquation offre/demande de service définie avec les usagers, adéquation territoriale quartier/ville/agglomération) et projet de service porté par les agents et leur hiérarchie, avec définition d’objectifs et de moyens, adaptation des relations entre le service central et le service de quartier.

    Une convention formalisera les engagements de chacun quant à la durée, les moyens, les financements et les modalités de gestion commune.

    Fiche technique VII: Prêts projets urbains

    Les prêts projets urbains accordés par la Caisse des Dépôts et Consignations sont réservés au financement des investissements en matière de développement social urbain. Les actions visées doivent s’inscrire dans la géographie prioritaire de la politique de la ville définie par l’Etat (contrats de ville, zones urbaines sensibles, zones de redynamisation urbaine, zones franches urbaines, grands projets urbains, opérations de résorption de l’habitat insalubre).

    A ce titre les prêts projets urbains peuvent financer :

  • des investissements à vocation économique (centres commerciaux, centres de services, zones d’accueil d’entreprises, aménagement de friches industrielles, transformation d’usage, etc.) ;
  • des travaux d’aménagement (démolition, travaux liés aux opérations de résorption de l’habitat insalubre) ;
  • des travaux d’infrastructure ou d’amélioration de la circulation dans les quartiers (voiries de désenclavement des quartiers par le développement d’infrastructures adaptées de transports collectifs) ;
  • l’implantation ou la requalification d’équipements de proximité (maisons pour tous, bibliothèques, antennes de services publics et parapublics, etc.) ;
  • la création ou amélioration d’équipements à vocation supra-locale, d’établissements d’enseignement primaires ou secondaires, de centres culturels ou sportifs) ;
  • des acquisitions foncières et des opérations de portage foncier.
  • Les bénéficiaires doivent rester les collectivités locales et structures intercommunales, les sociétés d’économie mixte, les organismes d’HLM, les associations et opérateurs privés et les établissements publics.

    Les prêts sont attribués dans le cadre de programmations concertées établies entre les services déconcentrés de l’Etat, aux niveaux régional et départemental, et les directions régionales de la caisse des dépôts et consignations. Seules les opérations complexes ou particulières nécessitant une dérogation font l’objet d’un examen en comité national d’engagement PPU.

    Vous veillerez tout particulièrement à la cohérence nécessaire entre la mobilisation de ces prêts et celle des autres financements de la politique de la ville, notamment en fonction des géographies prioritaires d'intervention de celle ci.

    Fiche technique VIII : Mutualisation de crédits sur un Etablissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI)

    Une solution au problème de la rapidité de mise en place du financement des actions de politique de la ville consiste à faciliter le recueil par un établissement public de coopération intercommunale (communauté d’agglomération et communauté urbaine notamment), des crédits provenant des différents acteurs de la politique de la ville.

    L’EPCI réattribue ces crédits sous forme de subventions aux maîtres d’ouvrage des actions prévues au contrat de ville ou les utilise directement lorsqu’il assure cette maîtrise d’ouvrage lui-même.

    La loi ne prohibe pas une telle pratique, mais dans cette hypothèse, l’EPCI est toutefois le seul ordonnateur des attributions de subventions.

    En effet, les financements reçus par l’EPCI constituent des ressources propre, certes retracées dans le compte administratif (et notamment certaines de ses annexes), mais de façon insuffisante au regard de la " traçabilité " de leurs crédits que les parties au contrat de ville et à ses conventions d’application, ainsi que l’Union européenne voire des tiers intéressés, sont en droit d’exiger.

    Il n’existe pas à l’heure actuelle de mécanisme satisfaisant qui permette à ces partenaires de s’assurer que l’utilisation des fonds par l’EPCI est conforme aux orientations du contrat de ville et de ses conventions d’application.

    Un état annexé aux documents budgétaires, récapitulant l’origine, le bénéficiaire, l’emploi et le montant des crédits de la subvention, qui serait par ailleurs imputée sur les lignes et comptes de l’EPCI en fonction de la nature de chaque action, permettrait de résoudre le problème d’une façon simple et pratique.

    Une étude est en cours dans le cadre du groupe de travail relatif à la comptabilité M14 constitué au sein du comité des finances locales, pour déterminer les conditions de création d’un tel état.

    Dans l’attente de cette création, les partenaires du contrat de ville qui souhaitent avoir recours à une telle formule devront en fixer les modalités par convention. Vous trouverez à cette fin une convention type ci-dessous.



    CONVENTION DE MUTUALISATION DES CREDITS DE LA POLITIQUE DE LA VILLE


    Article Premier : La présente convention a pour objet d’assurer la bonne exécution de la programmation des actions prévues au contrat de ville.

    Article 2 : A cette fin, les signataires conviennent d’attribuer les crédits mentionnés dans l’annexe jointe à la présente convention à [désignation de l’EPCI].

    Article 3 : [désignation de l’EPCI] s’engage à utiliser les crédits ainsi reçus conformément aux orientations du contrat de ville et des conventions prises pour son application, telles qu’elles sont mises en œuvre par [désignation de l’organisme chargé de veiller à l’exécution du contrat de ville]

    Article 4 : A l’issue de chaque exercice et au plus tard le 15 avril de l’année suivant sa clôture, [désignation de l’EPCI] fournit aux signataires de la présente convention un état, dont le modèle est joint en annexe à la présente convention, récapitulant par chapitre et article budgétaire l’origine, le bénéficiaire, l’emploi et le montant des crédits visés à l’article 2.

    Article 5 : [désignation de l’EPCI] s’engage à mentionner l’identité et le niveau d’engagement financier de chacun des cofinanceurs dans les courriers de notification adressés aux bénéficiaires de subventions financés par les crédits visés à l’article 2, et dont chacun des cofinanceurs recevra copie.

    Article 6 : La présente convention est conclue pour la durée d’exécution du contrat de ville. L’annexe mentionné à l’article 2 est actualisé par avenant en tant que de besoin.

    Article 7 : Chacun des signataires peut se retirer de cette convention en cas de non respect de ses clauses.



    Annexe à la convention : Origine et emploi des crédits de la politique de la ville mutualisés par [désignation de l’EPCI]


    Origine des crédits


    Article par nature

    Cofinanceurs

    Objet

    Montant

    Total

     

    Etat

         
             
             
     

    Région

         
             
             
     

    Département

         
             
             
     

         
             
             
         

    Total

     



    Utilisation des crédits

    Chapitre par fonction

    Article par nature

    Bénéficiaires

    Objet

    Montant

    Total

       

    EPCI 

         
               
               
       

    Commune XX

         
               
               
       

    Association YY

         
               
               
       

         
               
               
           

    Total

     



    Fiche technique IX: Liste des chapitres et articles budgétaires correspondants aux champs de contractualisation CPER mobilisables pour la politique de la ville.



    Ministères

    Champ de la contractualisation

    Chapitres

    Culture Construction ou rénovation des lieux de diffusion des arts de la scène dans les territoires qui en sont dépourvus

    66-91/90

    Mise en réseau des équipements existants

    43-30/20

    Financement des associations départementales et régionales de développement musical et chorégraphique ou de toute autre structure de même type travaillant à le qualification des professionnels et au développement des pratiques en amateur

    43-30/10

    43-30/20

    43-30/30

    66-91/90

    Mise en place d'espaces culture multimédia

    43-30/10

    43-30/20

    43-30/30

    66-91/90

    Education nationale, Recherche et technologie Enseignement scolaire (hors TOM)

    Actions en faveur de l’insertion des jeunes, de la valorisation des filières professionnelles et des liaisons avec l’emploi ;

    Développement de pôles et d’actions culturels, et de langues régionales ;

    Crédits pédagogiques du 1er degré

    Equipement technologique (hors informatique) ;

    Technologies nouvelles informatiques (équipement, réseaux, assistance aux utilisateurs et télémaintenance)

    Construction (DOM seulement)









    36-71

    36-80

    43-80

    56-37

    66-33

    Santé et social Programmes régionaux de santé

    Plans d’action en santé environnement

    Dispositifs d’observatoires de la santé (ORS)

    Dispositifs d’observatoires sociaux (exclusion)

    Accueil gens du voyage

    Formation de travailleurs sociaux

    Rapatriés

    Économie sociale

    Action sociale de lutte contre l’exclusion et d’intégration – dépenses déconcentrées

    Centres d’hébergement et de réadaptation sociale

    Formation des professions sociales, dépenses déconcentrées

    47-11/20

    47-12/12

    47-11/50

    46-81/20

    66-20/20

    66-20/20

    66-20/50

    46-31/62

    46-31/72

    46-31/62

    46-81/20

    46-81/30

    43-33/20

    Environnement, Urbanisme et Logement  Logement et aménagement urbain (étude , foncier, habitat)

    Etudes locales (maîtrise d’ouvrage Etat)

    Urbanisme, aménagement de cadre de vie urbain dont actions foncières.

    Aides à la préparation et à la mise en œuvre des opérations d’amélioration de l’habitat :

    Aides à la définition des politiques (PLH, Observatoires de Quartiers…)

    OPAH études et suivi animation

    MOUS logement (relogement et Plan départemental pour le logement des plus démunis).

    Qualité de service

    Fonds d’intervention HLM

    PLUS et subventions connexes

    PLA-I et subventions connexes

    Logements d’urgence

    PALULOS

    Subventions pour surcharges foncières et aides spécifiques en Ile de France

    Opérations les plus sociales (réquisitions, démolitions, changements d’usages, aires de nomades.

    Résorption de l’habitat insalubre

    Amélioration de logements pour propriétaires occupants.

    Aide à l’amélioration des logements pour les bailleurs privés par l’ANAH

    57-30/40

    65-23







    65-48/50









    65-48/02



    65-48/10



    65-48/20

    65-48/60

    65-48/70

    65-48/80

    65-48/90

    FNADT Pays et agglomération

    44-10/20

    65-00/30

    Jeunesse et sports Structurer et renforcer l’accès à l’information des jeunes (kiosques d’information, NTIC, formation et qualification des personnel du réseau d’information des jeunes)

    Favoriser le développement territorial (conseils consultatifs locaux, conseils départementaux de la jeunesse, projets éducatifs globaux, animateurs dans les zones difficiles, initiative défi jeunes, chantiers de jeune, structuration du maillage associatif)

    Restructurer et rénover les centres de vacances et de loisirs

    Favoriser l’accessibilité aux pratiques sportives (équipements de proximité, développement de la pratique sportive par les femmes en particulier)

    Encourager les pratiques sportives de pleine nature et de loisirs (dont vélos routes voies vertes)

    Créer ou développer en partenariat avec les régions un observatoire des métiers, des qualifications et de l’emploi

    Accompagner par la formation d’autres actions contractualisées (emploi jeunes, apprentissage, …)

    43-90





    43-90







    66-50


    66-50

    43-91


    66-50

    43-91

    31-96

    31-91

    34-97

    31-91

    31-96

    34-97

    43-90

    43-91

    Justice Améliorer la prise en charge des publics justice

    Pour les mineurs (insertion professionnelle, activités physiques et sportives, activités culturelles, santé des jeunes)

    Pour les majeurs (réinsertion, accès aux droits de la prise en charge, accès à la culture, accueil des familles en attente de parloir, accès aux établissements, formation professionnelle) ;

    Développer la justice de proximité

    Accès au droit

    Aide aux victimes

    Maisons de la justice et du droit à créer dans les les quartiers en difficultés et antennes de justice.

    Modes alternatifs de règlement des litiges

    57-60/60

    34-34
    46-01/50

    37-98

    46-01/40

    34-34

    46-01/50

    37-98

    46-01/40

    46-01/20

    37-92

    PME, Commerce et Artisanat Opérations de Restructuration de l’Artisanat et Commerce (ORAC)

    Actions de restructuration de la fonction commerciale

    44-03/30


    64-02/40

    Outre-Mer Favoriser l’emploi et le développement économique

    Mise à niveau des équipements éducatifs, sanitaires et sociaux

    Rechercher un aménagement équilibré de l’espace : mettre en œuvre un environnement urbain favorable à la construction de logements, à travers les fonds régionaux d’aménagement foncier et urbain.

    Construction et amélioration de l’habitat, résorption de l’habitat insalubre (hors contractualisation)

    68-01


    (FIDOM)


    68-01

    (FRAFU)




    65-01 (LBU)



     
     
       
     
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