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RELATIONS PERES-ENFANTS
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Lieu
: La Rochelle � Charente-Maritime |
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Date de lancement et, le cas �ch�ant, date de cl�ture de l´action
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Date de d�marrage : avril 1997
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Cadre, circonstances et composantes d´une phase de diagnostic local
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Donn�es de contexte connues ou �tablies au d�but de l´action |
Un constat avait �t� fait par des assistantes sociales polyvalentes de secteur. Celles-ci, au cours de leurs permanences, rencontraient de plus en plus de p�res qui, priv�s de leur emploi, se trouvaient en rupture vis-�-vis de leur conjointe ou compagne et dans l�incapacit� d�exercer leur r�le de p�re. Cette situation, souvent dissimul�e, cr�ait chez ces hommes une souffrance acc�l�rant le processus d�exclusion.
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Destinataire(s) vis�(s) par l´action |
Hommes habitant La Rochelle, en situation d�isolement, p�res d�enfants mineurs n´ayant pas les moyens d´exercer leur droit de visite et ayant de ce fait des difficult�s � �tablir, entretenir et maintenir des relations avec leur(s) enfant(s).
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Objectifs de r�sultats (objectif g�n�ral, objectifs op�rationnels) |
Objectif g�n�ral
Cr�er un lieu d��change pour ces hommes et leurs enfants.
Objectifs op�rationnels
- organiser des groupes de paroles permettant � ces hommes d�exprimer les difficult�s mat�rielles et morales qu�ils rencontrent ;
- trouver collectivement des modes de r�ponse � certaines difficult�s exprim�es ;
- orienter sur des r�ponses existantes ;
- faire �voluer les r�ponses institutionnelles existantes pour tenir compte des besoins d�tect�s.
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Activit�s initialement envisag�es |
Il �tait donc pr�vu initialement de r�unir des hommes seuls b�n�ficiaires de RMI, habitant La Rochelle et rencontrant des difficult�s pour exercer un droit de garde minimal avec leur enfant.
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Moyens initialement pr�vus |
Deux Agents de D�veloppement de la CAF prenaient en charge cette action sans que d�autres moyens soient, a priori, mobilis�s.
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Partenaires impliqu�s |
Populations participantes
Hommes seuls b�n�ficiaires de RMI, habitant La Rochelle ou d´autres villes (mais ayant dans ce cas des enfants � La Rochelle) et rencontrant des difficult�s pour exercer un droit de garde minimal avec leur enfant.
Une trentaine de p�res a particip� � l´action depuis le d�but de celle-ci.
Partenaires institutionnels
- CAF de Charente-Maritime
- Service social polyvalent de secteur du Conseil G�n�ral de Charente-Maritime
- Service sp�cialis� RMI du Conseil G�n�ral de Charente-Maritime
- Services sociaux d�entreprise
- Association des Familles d�Aunis et Saintonge (AFAS), association charg�e de la m�diation familiale aupr�s de couples en rupture
- Centres d�h�bergement et de r�adaptation sociale (CHRS) de La Rochelle (CHRS les Cordeliers et CHRS St Antoine)
- R�sidence-Club Lafayette (Centre de vacances de La Rochelle)
- ARPAE (R�sidence �tudiante)
- CCAS de La Rochelle
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Modalit�s de d�roulement de l´action, m�thodologie d�velopp�e |
Conception de l´action
Les Agents de D�veloppement de la CAF se tournent au d�part, tout naturellement, vers leur institution pour conna�tre, parmi les b�n�ficiaires de RMI, ceux qui correspondent aux crit�res pr�alablement d�finis. Il s�av�re impossible de les rep�rer, la notion de p�re ne figurant sur aucun document exploitable.
En avril 1997, les Agents de D�veloppement d�cident donc de r�unir un certain nombre de partenaires qui ont en commun la connaissance d�un public d�hommes en situation pr�caire. Il s�agissait du service sp�cialis� RMI, de l�AFAS (charg�e de la m�diation familiale aupr�s de couples en rupture) et des deux CHRS rochelais.
Ces partenaires confirment le diagnostic de d�part et prennent ainsi conscience que, dans leurs propres services ou structures, les hommes rencontr�s ne sont jamais interrog�s sur leur �ventuelle paternit�. Chacun d�entre eux souligne les impossibilit�s mat�rielles et psychologiques auxquelles sont confront�s ces hommes et qui les privent d�une fonction essentielle de leur existence.
Devant ce constat, le groupe travaille � l��laboration d�un projet dont les objectifs sont �nonc�s ci-dessus. Les agents de d�veloppement de la CAF animeront un groupe de paroles, les partenaires concern�s acceptant de constituer un groupe d�appui qui suivra r�guli�rement l�action.
Caract�ristiques initiales de l´action
En juin 1997, des hommes, envoy�s par les structures partenaires aupr�s des Agents de D�veloppement de la CAF, commencent � se r�unir pour trouver des solutions � leurs diff�rents probl�mes. Ils expriment un certain nombre de difficult�s. Parmi celles-ci, la plus fr�quente est l�absence d�un lieu physique ad�quat pour pouvoir accueillir leur(s) enfant(s) pendant les p�riodes d�exercice de leur droit de garde.
Ils sont soit en CHRS, soit dans des studios diss�min�s dans diff�rents quartiers de La Rochelle. Leurs enfants sont rest�s � la garde de la m�re. Leurs conditions de vie et la pr�carit� de leurs ressources les am�nent bien souvent � renoncer � leur droit de visite.
Le groupe prend contact avec la R�sidence-Club Lafayette, Centre de vacances rochelais. Cette structure offre pour les p�res un lieu d�accueil id�al : proche de la mer, en pleine ville, lieu banalis� o� ils ne peuvent pas �tre rep�r�s comme "en difficult�". La R�sidence-Club Lafayette accepte de mettre � leur disposition un ou plusieurs appartements meubl�s pendant les week-ends ou les vacances scolaires. Pendant la p�riode d��t�, la R�sidence-Club Lafayette �tant indisponible, un accord a �t� pass� avec une r�sidence �tudiante.
D�veloppement ult�rieur de l´action
L�accueil fonctionne r�guli�rement depuis janvier 1998. Il est ouvert aux p�res et aux m�res seules habitant La Rochelle ou ayant leurs enfants � La Rochelle s�ils demeurent dans d�autres lieux. Il est actuellement de plus en plus sollicit� et toutes les demandes ne peuvent plus �tre satisfaites. Le groupe est en train de rechercher des solutions plus p�rennes qui permettraient de faire face au maximum de demandes.
Les p�res restent tr�s attach�s au mode de fonctionnement suivant : � tour de r�le l�un d�entre eux tient une permanence le mardi matin dans des locaux appartenant � la CAF. Ils sont ainsi en mesure de g�rer la demande de location et de rencontrer tout nouveau demandeur pour expliquer le sens de leur d�marche.
Le groupe est maintenant mobilis� par une r�flexion sur le r�le et la fonction du p�re (droits et devoirs). Il r�fl�chit �galement � la mobilisation d�autres groupes similaires sur le d�partement de Charente-Maritime. Il a cr�� son propre site Internet et doit n�gocier sa mise en lien avec le site Internet de la ville de La Rochelle.
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Moyens mobilis�s, sources de ces moyens |
Moyens humains
Les moyens humains sont inchang�s depuis le d�marrage de l�action puisqu�elle est toujours conduite par les deux m�me Agents de D�veloppement.
Moyens mat�riels
Les moyens mat�riels sont tr�s faibles mais suffisants : mobilisation d�un bureau de permanence une matin�e par semaine.
Moyens financiers
Les moyens financiers se sont accrus au fur et � mesure de la demande de location.
La premi�re prise en charge a �t� faite par la CAF (paiement des locations � la R�sidence�Club Lafayette), les p�res participant � des frais annexes (location et nettoyage du linge). Cette prise en charge est renouvel�e et accrue chaque ann�e. Le CCAS de La Rochelle et le Plan d�partemental d�insertion financent conjointement les frais d´h�bergement, pendant les p�riodes d´�t�, dans la r�sidence �tudiante.
Budget pour l´ann�e 1998 :
- H�bergement R�sidence Lafayette : 20 800 F / Subvention CAF : 20 800 F
- H�bergement ARPAE : 10 000 F / Subvention CCAS de La Rochelle : 10 000 F.
Budget pour l´ann�e 1999 :
- H�bergement R�sidence Lafayette : 29 500 F / Subvention CAF : 29 500 F.
- H�bergement ARPAE :17 560 F / Subvention CCAS de La Rochelle: 10 000 F ; subvention Plan d�partemental d�insertion : 7 560 F
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Difficult�s rencontr�es et solutions apport�es en cours de r�alisation |
Des moyens financiers devraient �tre mobilis�s, notamment sur le plan national, pour pouvoir d�velopper davantage les lieux d�accueil. En 2000, les demandes faites ont �t� sans effet (demande de subvention au CIL � organisme collecteur du "1 % patronal" - , demande d�agr�ment de 3 appartements pris en charge par l�Allocation de logement temporaire). Ces demandes seront renouvel�es en 2001.
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M�thodes et outils d´�valuation de l´action |
L��valuation de l�action se conduit � deux niveaux :
- dans le groupe des p�res par interview ;
- dans le groupe d�appui par retour des partenaires sur l�action.
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Donn�es produites par l´�valuation |
Principales donn�es observ�es
Malgr� leur extr�me fragilit� psychologique, certains p�res, reprenant conscience des liens qui les unissaient � leurs enfants, ont tent� des d�marches, soit de reprise de travail, soit de cure de d�sintoxication.
Tous ont ressenti l�imp�rieuse n�cessit� de retrouver leur dignit� d�homme pour pouvoir renouer un dialogue avec leur enfant.
Ils vivent le groupe comme un lieu-ressource. Ma�trisant compl�tement l�action, puisqu�ils sont amen�s � la g�rer, ils en parlent beaucoup autour d�eux.
Ils se sentent responsables de l�accueil et sont tr�s vigilants pour faire respecter un r�glement int�rieur qui est remis � tout parent utilisant les lieux d�accueil. Ils ont ainsi d�cid� de sanctionner un papa, qui, utilisant pour la premi�re fois un appartement, avait laiss� sa petite fille seule � la garde de la concierge de la r�sidence alors qu�il �tait parti faire la f�te avec des amis de passage.
Ils acqui�rent, au fil des r�unions, une qualit� d��coute et de tol�rance qui permet une r�elle authenticit� dans les �changes.
�carts constat�s entre destinataires vis�s et destinataires atteints
Apr�s trois ann�es de fonctionnement, il convient de distinguer les p�res qui font partie du groupe porteur de ceux qui sont utilisateurs des lieux d�accueil. Le groupe porteur est toujours constitu� de p�res en situation difficile, bien qu�au fil du temps le groupe se solidifie autour de personnalit�s moins fragiles psychologiquement, m�me si les situations �conomiques demeurent pr�caires.
Les parents utilisateurs des lieux d�accueil sont d�origine sociale plus diversifi�e. Des p�res ayant une situation �conomique moyenne ne peuvent pas forc�ment faire face � leurs d�penses courantes, au paiement d�une pension alimentaire et aux frais occasionn�s par l�exercice du droit de visite. Cette remarque est particuli�rement valable pour des parents r�sidant hors d�partement.
Points forts, potentialit�s de l´action
- Malgr� un renouvellement des participants, la continuit� de l�action est assur�e.
- En dehors du groupe, une solidarit� active s�est d�velopp�e ente les participants.
- Les partenaires composant le groupe d�appui se montrent particuli�rement assidus et assurent de ce fait le relais de l�action tant dans leurs institutions respectives qu�aupr�s du public qu�ils rencontrent.
Points faibles, limites de l´action
- L�instabilit� de la situation des hommes rencontr�s fragilise la composition du groupe.
- La situation l�gislative qui est actuellement celle des p�res ne facilite pas l�exercice de leur r�le (attribution de logements, l�gislation des prestations familiales, etc�).
- Les mentalit�s, elles aussi, �voluent lentement et cr�ent parfois du d�couragement chez des hommes qui doivent lutter pour �tre p�res.
Effets de l´action sur la dynamique sociale au sein du territoire
L�effet le plus sensible se fait sentir sur les d�cisions de justice. Les juges aux affaires matrimoniales connaissent l�existence de cette action et se montrent plus enclins � accorder le droit de visite d�s lors qu�il s�agit de p�res fr�quentant soit le groupe, soit les lieux d�accueil.
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Deux perspectives sont actuellement travaill�es au sein du groupe :
- inciter � la cr�ation de groupes similaires sur le d�partement ;
- passer d�un groupe d�initiatives � la cr�ation d�une association.
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Commentaires r�capitulatifs sur l´action (en cours ou achev�e) |
Valeurs fondatrices, principes de r�f�rence de l´action
La valeur fondatrice de l�action est le respect absolu de chaque personne et la reconnaissance de sa capacit� � r�fl�chir, � innover, � organiser, quelle que soit sa situation sociale, �conomique et psychologique.
Ce principe fondamental dicte la m�thode d�action et le mode de participation des p�res. Ils ont particip� � la cr�ation de l�accueil : n�gociation avec les partenaires, recherche de financement, �laboration d�un r�glement int�rieur et d�une convention. Ils assurent chaque semaine une permanence. Ils participent tous les mois aux r�unions o� se d�finit l�action et o� se conduisent les r�flexions.
Les agents de d�veloppement sont situ�s dans un r�le d�accompagnement et d�animation.
Conditions de r�alisation jug�es n�cessaires
�mergence et d�finition du territoire pertinent pour l´action
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Actions similaires connues, sites contact�s |
D�autres lieux d�accueil existent en France � Angers, � Grenoble. Ces lieux sont tous g�r�s par une association ext�rieure. L�exp�rience qui articule lieu d�accueil et dynamique collective et responsabilisante est unique semble-t-il. De ce fait, la D�l�gation interminist�rielle � la famille a souhait� la faire figurer sur son propre site Internet.
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Autres informations et commentaires
Une n�gociation est en cours avec un CHRS pour que le groupe soit d�charg� de la gestion de l�accueil. Dans cette n�gociation, les p�res affirment leur souhait de conserver un droit de regard sur l�activit� du CHRS. Ils d�sirent notamment maintenir le principe de la permanence. La prise de conscience de leur situation conduit les p�res � avoir une attitude de plus en plus militante dons � envisager des actions plus institutionnelles notamment par rapport � l�acc�s au logement.
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Monique Bouquet
Agent de d�veloppement
CAF de la Charente Maritime
4, rue Claude Masse
17000 La Rochelle
T�l. : 05 46 50 05 50
Fax : 05 46 50 88 09
Claudette Hans
Responsable des travailleurs sociaux
CAF de la Charente Maritime
4 bis, avenue du Mar�chal Leclerc
17073 La Rochelle - C�dex 9
T�l. : 05 46 51 59 37
Fax : 05 46 51 56 27
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